8 étapes pour transformer ses peurs

  • 08 Mars 2016
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Avez-vous déjà eu le sentiment que, d’une façon ou d’une autre, la peur vous empêchait de vivre pleinement ? Savez-vous qu'on peut transformer ses peurs et en faire des alliées ? Que ce soit la peur d’échouer, la peur du vide, de la mort, des araignées, du saut en élastique,… ou même, comme pour mon collègue Rosario, la peur de dîner dans un mauvais restaurant. Une peur assez forte que pour influencer ses projets de vacances et semer une angoisse diffuse tout au long du séjour ! La peur n’est bien sûr pas négative en soi, elle est même indispensable à notre survie – car sans peur, nous ne serions pas en mesure de recevoir les signaux d’alerte quand un danger se présente. Elle pose donc le paradoxe d’être l’une de nos meilleures alliées et de nos pires ennemies. 

Un instinct de survie

« Biologiquement parlant, la peur est un instinct de survie qui permet aux animaux d’éviter des situations dangereuses pour eux-mêmes ou pour leur progéniture. Elle est très certainement l’une des émotions les plus anciennes du monde animal, et se manifeste de façon parfois spectaculaire. Le principal objet de peur pour un animal est typiquement la présence d’un prédateur. La complexité de l’esprit humain a néanmoins transposé cette émotion et l’a dirigée vers des objets et situations aussi diverses que peuvent l’être les activités humaines. Certaines de ces phobies ont probablement une origine évolutive profonde, notamment pour la peur des serpents et des araignées. Il a été en effet montré que de telles peurs possèdent chez l’homme un caractère universel. D’autres peurs sont liées à des activités sociales récentes et propres uniquement aux sociétés occidentales modernes. On ne peut donc raisonnablement pas supposer qu’elles aient une origine biologique. » Wikipedia

De fait, les messages anxiogènes que nous renvoient la société contemporaine ne nous aident pas ! Ils participent au contraire au conditionnement à la peur, nourrissant nos angoisses face à l’inconnu d’un futur incertain. Et qu’elles soient irrationnelles, résultant d’une hyper émotivité ou d’un traumatisme, nos peurs peuvent nous couper de toute une partie de notre potentiel et nous empêcher de réaliser nos rêves. Mais fort heureusement, ce n’est pas une fatalité ! Ce que nous connaissons aujourd’hui sur le comportement humain nous permet de mieux comprendre les automatismes de notre cerveau et comment les utiliser à notre avantage…

« La peur n’est qu’un état d’esprit et un état d’esprit peut se contrôler et se diriger. » Napoleon Hill  

Reprendre les commandes : comment j’ai surmonté ma peur de la mer.

J’ai toujours eu peur de la mer. Enfant déjà, chaque fois que je m’éloignais un peu de la plage, et même si j’avais toujours pied, tout à coup, sans aucune raison particulière, je me rejouais mentalement le générique de Jaws et la panique s’installait. Le cœur palpitant, les membres gigotant avec affolement comme ceux d’une araignée titillée par une allumette, je m’essoufflais à presque en suffoquer pour regagner la plage le plus rapidement possible avec l’air d’une grenouille démembrée. C’est à 26 ans, à l’occasion d’un séjour en bord de Mer Rouge, que j’ai décidé de regarder ma peur en face. Armée d’une bouteille d’oxygène, un masque, des palmes et un tuba, je suis allée sonder les profondeurs de mon subconscient dans ses zones les plus sombres.

Oh, cela ne s’est pas fait du jour au lendemain ! Mais petit pas par petit pas, en commençant par une plongée à 10m sur un banc de sable près de la plage puis, à l’aide de visualisations mentales, d’exercices de respiration et par des avancées progressives, j’ai pu, au fil des mois, me libérer peu à peu de cette angoisse terrifiante pour devenir, enfin, après une centaine de plongées… guide de plongée certifiée et en charge de groupes de plongeurs. Aujourd’hui encore, cette avancée n’est pas acquise. Chaque fois que je m’éloigne du rivage, la mer me pose un nouveau défi. Mais j’ai intégré le processus qui me permet de surmonter mon angoisse, et je peux le reproduire à chaque fois que je le souhaite.

Une histoire bien plus fascinante est celle que nous raconte Jean-Marie Ghislain dans sa biographie « Peur Bleue : Au milieu des requins je suis devenu un homme libre ». Ce photographe belge, qui a également dû surmonter sa peur de l’eau, évolue sans cage au milieu de requins considérés comme les plus dangereux au monde. Ses photos saisissantes nous démontrent qu’une communication pacifique peut s’établir entre nos deux espèces. Un beau pied de nez à la croyance bien ancrée (et pourtant fausse) que le requin est un dévoreur d’hommes ! (Découvrez ici sa conférence TED sur la peur)

Le reconditionnement pour s’affranchir de ses peurs et élargir son espace de liberté est donc une réalité. C’est l’un des miracles de la neuroplasticité : nous avons tous la possibilité, à chaque moment de notre vie, de remettre en question nos croyances et de reconditionner nos comportements automatiques inappropriés. Alors, comment surmonter ses peurs et multiplier les petits actes de courage capable de nous faire sortir de notre zone de confort pour vivre plus pleinement au quotidien ?

8 étapes pour faire de ses peurs  un tremplin

  • Identifiez vos peurs et acceptez-les. Lorsque nous souffrons de peurs irrationnelles ou de phobies, nous sommes souvent tentés de nous réfugier dans le déni car nous pouvons avoir peur… de la peur ! Les émotions générées par celles-ci sont alors refoulées. Reconnaître la nature de ses peurs et leur présence en nous est donc la première étape fondamentale pour toute évolution.
     
  • Soyez bienveillant avec vous-même. Nous sommes tous confrontés à la peur, chacun à sa manière. Cela fait partie de notre nature humaine. Il n’y a donc aucune raison de s’en sentir diminué et encore moins ridicule. Demandez-vous plutôt quelles sont les pires choses qui pourraient vous arriver et comment y répondre. En explorant les scénarios catastrophe de votre imaginaire, vous vous rendrez probablement compte que les vrais risques sont bien moindres que ce que vous imaginiez. Et en y répondant, même fictivement, par des plans concrets, vous prendrez conscience de votre pouvoir et de votre habilité à faire face aux situations même les plus angoissantes.
     
  • Précisez par écrit ce que vous ressentez quand la peur se manifeste. Cela vous aidera à en comprendre la nature et les effets. J’aime bien la technique de Bruce Lee, qui consistait ensuite à brûler les papiers sur lesquels il consignait ses peurs, comme pour en conjurer le sort et reprendre le pouvoir de sa vie.
     
  • Définissez un plan d’action pour développer votre courage. Au moyen de petits challenges, fixez-vous les étapes d’un conditionnement progressif. Si vous souffrez de vertige par exemple, un défi excitant pourrait être de vous attaquer au premier mètre d’un mur d’escalade, en rajoutant à chaque étape quelques dizaines de centimètres supplémentaires. A la question d’un de ses fans sur facebook sur comment surmonter la peur, le champion de base jump et de wingsuit Jeb Corbliss a répondu :« La clé du succès est de rester focus et de ne pas renoncer. La clé pour surmonter ses peurs est de s’entraîner assidûment. Progressivement, en commençant par des petites peurs qui ne peuvent pas vraiment vous heurter. A la façon d’un entraînement de musculation aux haltères, on commence avec des poids légers en augmentant graduellement la difficulté. Ces processus prennent du temps mais il faut penser sur le long terme. » 
     
  • Misez donc sur les petits pas et l’effet cumulé. Commencez par ce premier pas qui vous semble à votre portée et par lequel vous aurez un maximum de chances de réussir. – Imaginez les avantages que vous pourriez obtenir si vous parveniez à dépasser vos peurs. De quels résultats pourriez-vous vous réjouir ? Qu’est-ce que ça pourrait apporter à d’autres ? Que ressentez-vous en vous quand vous y penser ? De quoi vous vous priveriez si vous ne tentiez pas ces petits pas ? Cela renforcera votre motivation.
     
  • Anticipez : visualisez l’action audacieuse que vous aimeriez accomplir et la façon dont vous aller procéder. En visualisant les difficultés que vous pourriez rencontrer, les manière d’y remédier et en adaptant votre respiration de façon à définir sereinement les réponses que vous pouvez apporter face aux challenges et vous y projeter, vous serez mieux armé pour franchir les différentes étapes vers votre objectif.
     
  • Plus vous vous poserez des questions, et plus vous aurez du mal à vous lancer (rappelez-vous : le plongeoir à 2,5m ;-). Faites au moins un premier petit pas rapidement et répétez l’exercice de façon à vous sentir de plus en plus à l’aise. Vous vous reconditionnerez progressivement dans l’action.
     
  • Célébrez vos succès ! Chaque progrès accompli est l’occasion de vous féliciter pour vos avancées et encouragera votre « cercle vertueux du courage et de l’audace ».

Ces différentes étapes peuvent être pratiquées seul mais parfois, l’accompagnement d’un psychologue, d’un coach ou ne fut-ce qu’un complice est nécessaire. N’hésitez pas à demander de l’assistance si vous rencontrez des freins et des difficultés. Pour certaines personnes, un premier déclic suffit et ces techniques simples permettent de dépasser une limite et acquérir plus d’audace et de liberté. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous envie d’essayer ? J’espère que vous tenterez l’expérience et que vous la partagerez avec nous ! Bon succès :-) (et rendez-vous avec les requins ? 😉)

 

Nathalie

Photo : Jean-Marie Ghislain - L'invitation